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[INTERVIEW BLOGUEUSE RONDE] Aimer son corps – Nelly

Nelly est une femme pétillante et énergique. Lorsqu’elle répond à mon annonce, elle me confie ne pas être tout à fait en paix avec son corps, mais vous allez voir en lisant cette interview qu’elle est bien plus sûre d’elle qu’elle ne le dit 😉

Rencontre avec « une femme qui vit à 100 à l’heure ». C’est elle qui le dit et je confirme : un vrai tourbillon ! Elle nous parle de sa relation avec son corps, des régimes, de la mode et de son parcours vers l’acceptation de soi.

Entrée en matière

LGM : Tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre à mes questions !

Je pense vraiment que ça pourra aider pas mal de gens de savoir comment tu as réussi à faire la paix avec ton corps. Souvent ça semble un objectif inatteignable !

Tu m’as d’ailleurs dit que pour toi le chemin n’était pas tout à fait terminé ? Tu vas nous raconter ça mais avant peux-tu te présenter s’il te plait ? Dis-moi qu’est-ce que tu fais, quelle femme tu es, qu’est-ce qui te fais vibrer dans la vie ?

Interview blogueuse ronde Nelly alias Wendy et Cie- lesgrowmots.fr
Nelly du blog « My Little Wonderland by Wendy & Cie »

Nelly : Je m’appelle Nelly et j’ai 37 ans. Je suis maman de 2 enfants, je travaille avec des enfants et des adultes handicapés. 

Je suis une femme qui vit à 100 à l’heure : je bosse, je suis maman, je fais partie de l’association de parents, du comité d’entreprise, et je blogue, une de mes passions.

je suis entière, ce qui va bien avec mes formes ! J’aime partager, faire la fête, les voyages, la déco, les sorties, la mode…

 

J’ai laissé Nelly me raconter son parcours, lui demandant des précisions de temps en temps. J’ai préféré vous retranscrire son récit en un seul morceau, plus facile à lire que si j’avais ajouté mes diverses interruptions.

Le cheminement de Nelly : son corps, son poids, les régimes

LGM : Entrons dans le vif du sujet, si tu me parlais un peu de ta relation avec ton corps ? Où en es-tu avec lui ?

Nelly : Mon corps et moi, ahhhh… Déjà, lui et moi nous ne sommes pas fâchés, nous essayons de nous adapter selon les périodes de la vie.

L’adolescence

J’ai toujours eu des formes, même adolescente. Je portais du 42. Contrairement à ce que je pensais à l’époque, je n’étais pas grosse !

C’est en revoyant les photos aujourd’hui, que je m’en suis rendu compte, mais honnêtement à cette époque-là je m’en fichais. Aujourd’hui si tu es ado et que tu fais un 42 on te regarde de travers.

Pendant l’adolescence j’étais bien avec mon corps car je pouvais m’habiller comme je le souhaitais. La relation avec mon corps s’est compliquée quand j’ai emménagé avec mon amoureux à l’âge de 20 ans. Nous étions ensemble depuis nos 17 ans.

Premier amour

J’ai eu la chance de toujours tomber sur des hommes qui aimaient les femmes avec des formes. Le problème c’est qu’ils « m’engraissaient gentiment ». Dès que je faisais des efforts « allez je t’invite au resto on mange une pizza », les dîner aux chandelles, etc.

A ce rythme-là les kilos sont vite arrivés. C’était une façon pour eux de me dire que faire des efforts n’était pas nécessaire et je le vivais bien, jusqu’au moment où je me suis aperçue que j’étais passée à la taille 46.

Je n’ai plus trouvé de vêtements qui me plaisent et dans lesquels je rentrais. La catastrophe ! Je n’étais plus d’accord avec mon corps.

Cela renvoie une image très difficile à supporter lorsqu’on ne trouve plus comment s’habiller et que tout ce qu’on te propose comme vêtement est vieillot et moche. 

Tu ne te trouves plus jolie, sexy, l’image et la confiance en soi en prend un coup ! C’est à ce moment-là que j’ai commencé les régimes.

Les régimes

source photo : pixabay.com

J’ai fait 3 sortes de régimes :

  • Un suivi chez une diététicienne
  • Un régime hyper-protéiné
  • Et le régime Weight Watchers.

J’ai perdu avec chacun d’eux mais les effets indésirables se sont vite invités.

Avec la diététicienne ça a bien marché, rien à redire. Par contre 50 euros par mois sur la durée, quand on est étudiante, c’est hors budget. J’ai quand même tenu 1 an et j’ai perdu 15 kg. ça me convenait. Je suis restée à un poids stable pendant 5 ans.

La rupture

Petit à petit avec mon premier amour, notre relation s’est dégradée à en devenir toxique. Notre jeune âge, vivre ensemble, les responsabilités… Donc patatras, j’ai compensé avec la nourriture. Je suis le genre de personne qui prend des kilos quand ça ne va pas…

Une fois le chagrin passé, j’ai décidé de faire un régime hyper-protéiné. J’avais repris 5 kilos mais je voulais me reprendre en main car je voulais à nouveau plaire. Je me suis fait piéger par l’idée que seule des femmes minces trouvent des amoureux, idée qui est encore bien véhiculée aujourd’hui. Horrible ! Le régime protéiné a flingué mon corps.

J’ai fait le yo-yo pendant quelques années. Tu perds quand tu fais le régime et au moindre écart ou arrêt du régime, tu reprends deux fois plus ! Donc ma peau a pas mal trinqué : bonjour les vergetures !

Grand amour et premier bébé

Photo d’Andrew Seaman via Unsplash

Après ça j’ai rencontré un homme qui adooore les femmes rondes. Et je suis tombée enceinte. A l’époque je faisais 80 kilos. J’assumais mon corps, je faisais du 44/46. Comme je suis bien proportionnée ça allait.

La grossesse ne m’angoissait pas du tout niveau poids. D’ailleurs je n’ai pris que 10 kg. C’est après que c’est devenu compliqué.

Tout le monde me disait « l’allaitement c’est génial ! Tu ne prends pas de poids et même tu maigris ! » Du coup, naïve que j’étais, j’ai répondu à toutes mes fringales, pensant que je ne prendrais pas de poids, que je perdrais.

J’avais perdu 6 kilos à la sortie de la maternité et pendant les 10 jours qui ont suivi. J’ai repris 15 kg pendant l’allaitement. Là j’ai souffert.

Après la grossesse mon ventre était tout fripé, mes seins avaient trinqué, je n’avais plus les mêmes formes et avec tous ces kilos accumulés, je me suis plus reconnue.

Et puis toujours cette histoire de vêtements : je n’étais plus enceinte mais je portais mes vêtements de grossesse. Dur pour l’image de soi !

Troisième régime et deuxième bébé

C’est là que j’ai décidé de faire le régime Weight Watchers. Je cherchais un régime qui me correspondait davantage et qui ne soit pas trop restrictif, car avec un bébé il fallait être en forme. En cherchant je suis tombé sur Weight Watchers. J’ai suivi le programme 1 an et j’ai perdu 15 kg pour revenir à mon petit 44/46.

Je n’ai pas repris de poids durant 3 ans. Puis je suis retombée enceinte. + 10 kg comme pour la grossesse précédente. Et pour l’allaitement j’étais maintenant avertie donc j’ai surveillé mon alimentation. Je n’ai pas perdu de poids mais je n’en ai pas pris.

Je n’ai jamais retrouvé mon poids d’avant grossesse. J’ai décidé d’arrêter les régimes et de faire du sport. Surtout qu’à cette époque la mode grande taille commençait à évoluer. Puisque je trouvais de quoi m’habiller comme je voulais, ça me convenait.

L’apaisement

Interview blogueuse ronde Nelly alias Wendy et Cie- lesgrowmots.fr
Nelly ose la combishort > lien vers son article à la fin de l’interview

Le fait de trouver des vêtements à ma taille et que j’aimais, m’a aidé à m’accepter comme je suis, car je m’appréciais lorsque je me regardais dans le miroir.

Avec le recul le problème n’était pas tellement mon poids mais le fait de pouvoir exprimer ma personnalité avec des vêtements qui me conviennent. Et je me dis que j’ai été bien bête de vouloir rentrer dans le moule, juste pour répondre aux critères de la minceur.

Aujourd’hui je suis entre la taille 46 et la taille 48, selon les vêtements. Je continue à faire du sport pour entretenir mes formes. Je le précise parce que beaucoup de gens s’étonnent que je ne perde pas de poids. Ça n’est pas mon but. Mon but est d’avoir une silhouette harmonieuse.

Nous avons ensuite repris un échange plus interactif à propos de la nourriture, de la pression sociale et des moyens qu’elle a utilisé pour s’accepter.

La nourriture, la pression, l’acceptation

Nelly : Je ne me prive pas niveau nourriture mais je sais équilibrer correctement mes repas. Donc je ne perds pas mais surtout je ne grossis pas. Je reste stable. Du moment que je me plais, que les fringues qui me tapent dans l’œil me vont et que je me trouve jolie dedans, tout va bien.

LGM : Est-ce que tu dirais que tu arrives à contrôler ce que tu manges ?

Nelly : Tout à fait, j’arrive à contrôler.

LGM : Donc ça reste une vigilance de tous les instants ?

Nelly : Non je ne le vis pas comme ça. Je mange ce qui me fait plaisir. Et je rééquilibre, si j’ai mangé une pizza par exemple, je prends un fruit au dessert.

Il y a une chose que je ne faisais pas avant et que je fais maintenant : j’écoute mon corps. Quand j’ai fini mon assiette, je me pose et me dis « tu as faim ou c’est de la gourmandise ? ». Et le plus souvent en m’écoutant mon corps me dit « non je n’ai pas faim ». Alors je ne me ressers pas. Si on mange avec plaisir on en grossit pas.

 

Une publication partagée par Nelly (@wendyetcie) le

LGM : Il semble que tu ais trouvé une forme d’équilibre avec tout ça.

Nelly : J’essaye en tout cas. Je t’avoue que quand un robe me fait de l’œil et qu’il n’y a pas ma taille ou qu’elle s’arrête au 44, je peste un peu contre moi même.

LGM : Mais alors avec tout ce que tu as mis en place, qu’est-ce qui fait que tu ne puisses pas dire que tu aimes ton corps ?

Nelly : Un vieux démon sûrement. Ou un conditionnement depuis l’enfance, par les médias qui nous disent qu’une femme doit être mince et belle. Cette idée revient de temps en temps lors d’une soirée, d’une conversation, d’un essayage en cabine à côté d’autres femmes plus minces…

LGM : Je vois… Et parfois ton entourage te fais des réflexions ?

Nelly : Ce qui est bizarre c’est que je n’ai jamais eu de réflexions sur mon poids. Ou alors je ne m’en souviens pas. C’est que ça ne devait pas être traumatisant.

LGM : Donc ce serait plutôt entre toi et toi ? Avec l’influence des médias aussi bien sûr.

Nelly : ça vient peut-être de là oui. Je suis une perfectionniste. Si je ne suis pas dans les normes je considère que je ne suis pas parfaite. 

Je suis encore un peu sous l’influence de ce modèle de femme « mince et belle » et mon perfectionnisme me pousse à essayer d’y correspondre. Le plus souvent j’en fais abstraction, mais parfois ça revient, et puis ça repart.

Ce qui est bien c’est que la société commence à bouger. Par exemple les retouches Photoshop limitées ou le contrôle du poids pour les mannequins, et surtout les boutiques qui déclinent les vêtements dans toutes les tailles. Pour moi cette « libération » passe à travers la mode.

J’adore la mode et le fait de pouvoir rentrer dans tout ce que j’aime m’éviterait de me dire « zut tu ne corresponds pas aux critères ». Lorsque je me sens acceptée par la mode, je me sens le droit d’être moi.

Solitude et philosophie

Interview blogueuse ronde Nelly alias Wendy et Cie- lesgrowmots.fr

LGM : J’ai l’impression que tu as fait ce chemin un peu toute seule car tu ne m’as pas parlé de personnes qui t’auraient soutenu dans ce parcours.

Nelly : Oui effectivement. Mais mon caractère optimiste et mon métier m’ont beaucoup aidé. Je travaille avec des gens différents (travailleur social avec public de personne handicapées) donc ça aide à relativiser.

Je crois que j’arrive petit à petit à me dire que je ne suis pas parfaite et qu’en fait personne n’est parfait. Une fille mince a sûrement des complexes qui peuvent la rendre malheureuse aussi.

Le mot de la fin

LGM : Quelle est la prochaine étape pour toi pour avancer dans ta relation avec ton corps ?

Nelly : Continuer à l’entretenir et à le bichonner. Mais ne plus le faire souffrir car ça ne sert à rien. Mon leitmotiv : bienveillance, entretien et gourmandise.

Retrouve Nelly sur son blog My Little Wonderland by Wendy&Cie et sur sa page Facebok

Dans l’article « Celle qui sortait la combishort » elle nous parle de son rapport au corps.

Interview blogueuse ronde Nelly alias Wendy et Cie- lesgrowmots.fr

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